Le synchronisateur est l'élément qui permet, comme l'indique son nom, de synchroniser la projection avec la bande son. Mon propos va se limiter, ici, à décrire les systèmes permettant de piloter deux projecteurs en fondu enchaîné. Il existait des systèmes de synchronisation manuels qui permettaient à l'opérateur de faire varier l'ouverture d'un diaphragme devant l'objectif de chaque projecteur, à l'aide d'un levier. Ces systèmes n'étant plus d'actualité, je me garderai bien d'en parler au risque de remonter à la préhistoire du diaporama, et de me faire traiter de dinosaure. Bien que ces systèmes mécaniques avaient leurs charmes est leurs qualités. Soyons donc modernes, et parlons plutôt des systèmes de synchronisation électroniques programmables analogiques et numériques. Ce sujet nous permettra d'étudier successivement : 

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Le principe de la synchronisation

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Les synchronisateurs actuels

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Exemple pratique au pas à pas de l'enregistrement d'un topage de synchronisation.

 

Principe

 

 

Schéma d'une connexion type d'un synchronisateur sur 2 projecteurs en fondu enchaîné.

Le synchronisateur est relié d'une part aux triacs des projecteurs, par l'intermédiaire de connecteurs DIN 6BT le plus souvent. D'autre part il est connecté à la piste de synchronisation du magnétophone. Selon le type de matériel, l'enregistrement des commandes de fondu sera, soit réalisé par l'intermédiaire d'une commande manuelle, équipée d'un curseur linéaire, soit par une télécommande avec des fonctions préprogrammées, soit par l'intermédiaire d'un ordinateur. Le synchronisateur assure l'enregistrement et la lecture de deux types d'informations: les commandes de fondu enchaîné, et les tops de passage de vues permettant ainsi la parfaite synchronisation de la bande son avec les projecteurs. En mode lecture c'est bien le synchronisateur qui dirige entièrement la projection.

 

Les synchronisateurs actuels

Aujourd'hui, nous trouvons 2 types de synchronisateurs : les synchronisateurs analogiques et les synchronisateurs numériques. Mais il faut savoir que les synchronisateurs analogiques disparaissent au profit de leurs petits frères numériques, à tel point qu'ils ne sont plus fabriqués. Mais il faut bien savoir aussi que sur le circuit des festivals, donc des diaporamistes chevronnés, on trouve encore une majorité de synchronisateurs analogiques (F101 et ED3000P pour ne pas les nommer). C'est la raison pour laquelle on ne peut pas les passer sous silence au sein de ce sujet. L'avenir du diaporama c'est bien évidemment le synchronisateur numérique qui présente de nombreux avantages.

Examinons comment fonctionnent ces deux systèmes :

Le synchronisateur analogique

Il fonctionne soit en modulation d'amplitude, le principe est basé ici sur la puissance du signal qui va faire varier l'intensité de la lampe du projecteur ou bien déclencher le passage de vues. Soit en modulation de fréquence, chaque nombre d'impulsions par seconde étant attribué à un effet. A cause de cette conception ce type de synchronisateur est l'élément sensible de la chaîne de projection du diaporamiste. En effet, la restitution des commandes de synchro peut être très facilement  perturbée. Parmi ces éléments perturbateurs en voici quelques uns :

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Un déréglage de la vitesse du magnétophone, même minime.

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La lecture de la bande son sur un magnétophone différent de celui qui a servi à l'enregistrement et dont le calage en fréquence n'est pas identique.

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La présence de diaphonie en lecture de la bande son.

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L'utilisation de bandes ou cassettes pour lesquelles le magnétophone lecteur n'est pas calibré.

Vous voyez la fragilité de la chose. Et puis le problème le plus pénible, qui est même la bête noire du diaporamiste, c'est l'erreur lors de l'enregistrement de la synchro. En effet, il est impossible de corriger partiellement le signal analogique. En cas d'erreur, il faut tout recommencer depuis le début. Alors si cela se produit à la fin du montage, bonjour la crise de nerfs. L'immense avantage de ce matériel est qu'il est encore aujourd'hui un standard et beaucoup utilisé par les diaporamistes. On ne sépare pas facilement de son compagnon de misère, et puis on en a l'habitude, on maîtrise l'engin. Et surtout évoluer vers le numérique n'est pas s'en poser quelques soucis de compatibilité avec ses montages existant.

Le synchronisateur numérique

Avec le numérique, les inconvénients que l'on vient d'évoquer pour le synchronisateur analogique sont complètement gommés. Ici, il n'est plus question de modulation d'amplitude ou de modulation de fréquence, il s'agit d'un système binaire. Les suites de codes numériques enregistrés en continu correspondent à beaucoup plus d'effets que les signaux analogiques. En effet en plus des effets traditionnels (intensité de chaque lampe, durée du fondu, passage de vue en avant ou en arrière, scintillement, etc...) on trouve aussi la position de chaque panier dans les projecteurs etc... La richesse du codage numérique fait que l'on peut créer une multitude d'informations supplémentaires par rapport au mode analogique. En plus, en mode lecture, les synchronisateurs numériques sont extrêmement fiables puisqu'ils possèdent la même façon de corriger les erreurs qu'un DAT ou un lecteur de CD. A savoir la mémorisation du dernier code, ainsi si un code est invalide (défaut physique du support, mauvais codage...) le logiciel intégré à l'appareil régénère ce code en fonction du code précédent et du code suivant. L'erreur sera corrigée et le spectateur ne remarquera absolument rien. De plus il est possible de corriger une séquence partiellement sans avoir à tout recommencer depuis le début.

Mais ne croyez pas que tout va pour le mieux dans le monde des synchronisateurs numériques. Car il y a quelques soucis, qui ne sont pas du à la qualité et à la fiabilité du matériel je vous rassure. Ces problèmes sont de deux ordres :

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La compatibilité du codage : en principe le codage Arion Mate Trac a été adopté par presque la totalité des fabricants. Le problème est que de nombreux codes numériques ne sont pas affectés à des effets précis standardisés et que chaque fabricant a développé sa propre version du code Arion en associant ses fonctionnalités aux codes non utilisés. Ainsi tant que l'on reste dans le code de base, la compatibilité est garantie d'une marque à l'autre, mais elle ne l'est plus lorsque l'on utilise des effets spéciaux. Fort heureusement ces effets spéciaux ne sont pas ou peu utilisés par les diaporamistes. Aussi lorsque vous allez acquérir un synchronisateur numérique assurez vous qu'il peut enregistrer et lire le code Arion standard. Et puis si vous souhaitez participer à des galas ou des concours n'utilisez pas les effets spéciaux (souvent parfaitement inutiles d'ailleurs) pour avoir des chances que votre montage soit lu à l'extérieur.

 
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La difficulté en France de se procurer ce type de matériel : en effet les grandes marques distribuant ce type de synchronisateur (Bässgen, Dataton, Electrosonic, Stumpfl) ne sont pas ou peu représentées sur notre territoire. Et, suite à une étude sérieuse faite par mon confrère de "Vision", qui se reconnaîtra, et qui m'a donné un sérieux coup de main pour la rédaction de ce sujet, seuls le matériel et logiciels de la firme Stumpfl sont officiellement représentés et fortement promus par Simda. Le choix du consommateur français est donc très limité, il lui sera facile d'acquérir les produits Stumpfl par l'intermédiaire de Simda. On a de la chance c'est du bon matériel, mais enfin cette situation est déplorable. Au passage je précise encore une fois que ce site n'est pas un espace publicitaire, mais lorsque l'on parle de matériel, il faut bien donner des repères, et on ne peut pas le faire sans citer des marques. Et j'avoue qu'ici on aurait aimé en citer plus.

La supériorité du synchronisateur numérique parait évidente. Amis débutants, vous avez en main tous les critères de choix pour l'acquisition de votre merveilleux synchronisateur. Soit d'occasion pour un synchronisateur analogique, avec tous les risques et inconvénients que cela comporte. Soit neuf, donc numérique avec un choix très limité, mais avec la qualité et la fiabilité de ce système.

Pour visualiser le tableau des synchronisateurs actuels cliquer ici

 

Enregistrement d'une synchronisation

Enfin, un exemple pratique. Pour cet exercice nous nous plaçons dans le cas où l'enregistrement est réalisé sur un magnétophone 4 pistes avec un synchronisateur analogique, style Simda F101, relié lui même à deux projecteurs à paniers circulaires. Ceci n'est pas un cas d'école car il correspond encore à la réalité du terrain.

Voici la démarche pas à pas qui est la plus employée pour l'enregistrement d'une synchronisation de ce style.

Placez les paniers sur les projecteurs. Les diapositives repérées en jaune sont placées à gauche, celles repérées en rouge sont placées à droite. Rappelons qu'il s'agit de la gauche et de la droite du projectionniste qui regarde l'écran. Cela va s'en dire, mais je vous assure qu'il y a parfois des confusions. Vérifiez que les câbles entre les triacs (ou les projecteurs) et le synchronisateur sont correctement branchés. Il est vivement conseillé d'utiliser le code de couleur jaune/rouge pour étiqueter les câbles et les entrées du synchronisateur. Engagez la première diapo noire de chaque panier des projecteurs.

Réglez le magnétophone en position enregistrement sur la piste 4. Positionnez les réglages de votre magnétophone de telle sorte que vous puissiez écouter les pistes 1 et 2 contenant la bande son, tout en enregistrant sur la piste 4. Il est important d'utiliser la piste 4 et non la 3 afin de laisser une piste vierge entre la bande sonore et la synchro, ceci pour diminuer la diaphonie, c'est à dire le mélange du son des pistes voisines. Si vous utilisez un magnétophone avec table mixage intégrée cette manipulation est possible en utilisant le bus auxiliaire. Il suffit d'entrer les pistes 1 et 2 sur le bus auxiliaire, ensuite il convient d'entrer ce bus auxiliaire sur la sortie monitor. Au passage je vous conseille d'effectuer ce monitoring au casque car cela permet une meilleure concentration au moment de l'enregistrement de la synchro.

Positionnez le synchronisateur sur la fonction enregistrement.

Ajustez le niveau d'enregistrement de la synchronisation sur le magnétophone. Pour les synchronisateurs analogiques ce réglage est très important car :

puce Si le niveau est trop élevé, la piste de synchronisation devient audible dans la salle à cause de la diaphonie. Et je peux vous dire qu'un signal de synchro c'est  assez désagréable pour nos frêles oreilles.
puce Si le niveau est trop faible, les lectures ultérieures risquent de ne pas être bonnes. D'ailleurs je vous conseille d'effectuer souvent un nettoyage des têtes de lectures car leur encrassement est la principale cause de l'affaiblissement du signal.

Alors quel est le bon niveau ? Cela dépend des performances de votre magnétophone et je vous conseille de vous référer à sa notice technique. En règle générale ne montez jamais au dessus de -3dB. 

La meilleure façon de trouver le bon niveau d'enregistrement consiste à faire des essais, car chaque matériel est un cas particulier. L'une des méthodes pour étalonner son matériel consiste à procéder comme suit :

puce Enregistrez la synchronisation en réglant le niveau du magnétophone de façon à ce que le vumètre atteigne 0dB lorsque la modulation est la plus forte.
puce Puis toutes les 30 secondes, baissez le niveau d'enregistrement d'un cran : -3dB, -6dB, -10dB, -20dB, jusqu'à ce que le vumètre ne réagisse plus du tout.
puce Positionnez vous ensuite en lecture, et notez l'instant à partir duquel le synchonisateur ne réagit plus aux ordres du magnétophone.
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Repérez la valeur d'enregistrement correspondant à cet instant,  ajoutez 10dB, et vous obtenez ainsi votre niveau d'enregistrement permettant d'obtenir un signal parfait sans diaphonie.

Lancez le magnétophone et réalisez une projection parfaite à l'aide de votre poignée favorite. Là je vous conseille de vous être entraîné auparavant en ayant pris soin de prendre des repères temporels, et en ayant tout noté sur un papier dans le style d'un story board. Le mieux est de réaliser l'enregistrement de la synchro à deux personnes. L'une manipule la poignée pendant que l'autre, un oeil sur le story board et l'autre sur le chronomètre, indique oralement ces indications à son compère, l'informant aussi des éventuels dérapages. C'est une méthode conviviale, car le diaporama c'est aussi parfois une affaire d'équipe.

Une fois l'enregistrement terminé, positionnez tout votre matériel en lecture et vérifiez le résultat. Si ce n'est pas bon, il n'y a qu'une solution il faut tout recommencer car dans ce mode de synchronisation la correction partielle est impossible. Certains bidouilleurs affirment avoir des solutions miracles et pouvoir effectuer des corrections de la synchro là où ils veulent sur la bande. Mais personnellement aucune ne m'a convaincu. La seule solution qui permet d'éviter trop de sessions d'enregistrement réside dans la bonne préparation de la séance d'enregistrement de la synchro. L'une des qualités du diaporamiste c'est d'être très méthodique. On gagne beaucoup de temps en sachant en perdre un peu auparavant. Je vous laisse méditer sur ce sujet.

Et voilà le travail, à vous de jouer !